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Ou plus simplement, comment gérer l’ouverture de l’objectif ?

C’est parti pour le deuxième opus de cette trilogie de 4 articles. Je sais que dans une trilogie en général, il y a 3 épisodes ! Mais je trouve vachement classe le mot trilogie. Je ne vais pas recommencer mon laüis là-dessus car ceux qui ont lu le premier article de la série vont dire que je radotte ! Par contre, si vous n’avez pas lu l’article sur la vitesse d’obturation, c’est moi qui vais me fâcher.

Cet article sera consacré au diaphragme. On monte un peu en complication mais à la fin de l’article, tout devrait paraitre très clair. Dans le premier article, je faisais un comparatif avec un verre d’eau. Comme c’est un moyen simple de comprendre le fonctionnement de base de la photographie, je vais en abuser (de la métaphore, pas de ce qu’il y a dans le verre). Reprenons le graphique ci-dessous. Le verre contient 20 cl.

Lorsqu’on ouvre très faiblement le robinet, un mince filet d’eau coule et remplit le verre. Il faudra un temps un peu long pour le remplir complètement. À l’inverse, si on ouvre le robinet à fond, le verre sera rempli beaucoup plus vite. En photographie, c’est exactement la même chose. Le robinet peut être comparé au diaphragme. Il est matérialisé dans l’objectif avec des lamelles qui forment un rond. 

Il est possible d’ouvrir ou de fermer ces lamelles, ce qui aura pour effet de laisser passer peu ou beaucoup de lumière. 

Cette partie est la plus simple à comprendre. Là où ça se complique un peu, c’est dans les valeurs qui correspondent à ces ouvertures. Pour mieux les comprendre, il faut faire un bond en arrière. Au début de la photographie. Un temps que les moins de vingt n’ont pas connu. Ceci dit nous non plus les quadras ! Je vous vois venir, vous allez encore dire, que j’ai bu ce qu’il y avait dans le verre … Mais promis, il n’ y avait que de l’eau …

Bref, revenons au début de la photographie. A l’époque, jadis comme on dit, les objectifs n’avaient qu’une valeur de diaphragme. Si on souhaitait réduire la quantité de lumière qui passait à travers ce dernier, il fallait insérer des disques avec des valeurs plus petites. Ça, c’était avant qu’un gentil opticien décide d’inventer un système mécanique à lamelles que l’on peut ouvrir et fermer pour limiter ou amplifier la quantité de lumière qui arrive sur le capteur.

Entre chaque valeur de diaphragme, on divise ou on multiplie par 2 la quantité de lumière qui passe

Dans l’article précédent (Exposition photographique – comprendre la vitesse d’obturation), j’avais attiré votre attention sur le fait que les vitesse d’obturation augmentaient ou diminuaient par multiple de 2. Pour des raisons que vous comprendrez dans un prochain article, le diaphragme doit fonctionner de la même manière. C’est-à-dire que lorsqu’on ouvre ou l’on ferme le diaphragme d’une valeur, il faut augmenter ou diminuer la quantité de lumière par 2. Or, problème : si on double le diamètre du diaphragme, on augmente la quantité de lumière par 4 (car la surface – l’aire- est multipliée par 2 au carré – 4). 

Vous suivez ? parce que c’est pas fini. Mais à la fin de l’explication, vous pourrez boire cul sec votre verre ! Je sais, je suis sympa… 🙂

Afin d’augmenter ou de diminuer la quantité de lumière par 2 (et non par 4), il faut augmenter ou diminuer le diamètre des diaphragmes par RACINE CARRÉE DE 2 (puisque (v2)2 – 2 CQFD). Ça y est , j’ai perdu tout le monde !!! au fond, s’il vous plait, moins de bruit, le moment est crucial ….

Racine carrée de 2 = 1,4 ah ah ça devient intéressant l’histoire. Car comme par hasard, si on regarde l’échelle de diphragmes ci-dessous, on note une valeur de 1,4 ! Donc ce ne sont pas des valeurs abstraites ? Eh bien non ! 

En résumé, chaque fois que je multiplie une valeur de diaphragme par 1,4, je divise par 2 la quantité de lumière qui passe dans l’objectif. 

Bon ok, ça, c’était le gros morceau à passer. Si vous êtes encore là, c’est que je ne vous ai pas complètement perdu. Si c’est le cas, n’hésitez pas à relire tranquillement ou à demander des compléments, car on retient toujours mieux ce que l’on comprend. Maintenant, on va voir comment on se sert de ces diaphragmes. En regardant les croquis ci-dessous, on s’apercoit que lorsque le « trou » qui laisse passer la lumière est grand, la valeur est petite et lorsque le « trou » est petit, la valeur est grande.

Comment je choisis tel ou tel diaphragme ?

Encore une fois, j’aurai deux réponses. Une d’ordre technique et une d’ordre esthétique.

1 – Réponse technique. 

Je m’amuse régulièrement à vous rappeler que le mot photographie signifie « écrire avec la lumière ». Donc pas de lumière, pas de photo, mais beaucoup de lumière n’est pas simple à gérer non plus. Lorsque il y a très peu de lumière sur la scène que vous photographiez, vous devrez ouvrir votre diaphragme, c’est-à-dire avoir une valeur la plus petite possible (en fonction de ce que propose votre objectif). Et lorsqu’il y a beaucoup de lumière, vous devrez fermer votre diaphragme, c’est-à-dire avoir une valeur la plus grande possible. Mais le choix de ces valeurs engendre des effets esthétiques et aussi optiques. La partie esthétique sera traitée dans le deuxième item. Donc restons sur la partie technique. Je vais faire simple et efficace.

Un objectif est constitué de plusieurs lentilles de verre. C’est l’ensemble de ces lentilles qui a focaliser les rayons de lumière sur le capteur et donc constituer une image.

Comme vous le savez très certainement, un rayon dès qu’il traverse un nouveau corps (verre, air, eau,…) est dévié. Et suivant la qualité du corps, à la sortie, le rayon sera de plus ou moins bonne qualité. Tout le monde est là ? Ok je continue. Même avec des lentilles de qualité professionnelle, certaines parties de rayons perdent en qualité. Notamment ceux qui sont aux bords des lentilles, car ce sont ceux qui sont le plus déviés pour aller sur le capteur. Vous allez me dire ok mais comment on fait pour palier à ce défaut ? C’est pas compliqué, si vous avez assez de lumière alors vous fermez le diaphragme de 2-3 valeurs après la pleine ouverture. C’est d’ailleurs à ce moment-là qu’un objectif atteint ses meilleurs performances. Vous aurez donc un « piqué » parfait (selon les possibilités de votre objectif). Par contre, passez cette valeur d’excellence, plus vous allez fermer votre diaphragme et plus vous créez de nouveaux défauts, appelés diffraction. Un jour, je ferai un article complet la-dessus, mais pour le moment, j’en reste là pour ne pas vous embrouiller. 

Si je veux la meilleure qualité optique possible, je ferme mon diaphragme à F/8

2 – Réponse esthétique.

Enfin, la partie intéressante. C’est-à-dire, se servir de ces règles optiques pour faire des images. Et si possible de belles images. Les règles sont assez simples : vous réalisez un portrait : votre intention est donc de mettre en valeur la personne que vous photographiez. Pour cela, vous devez faire en sorte d’être net sur le visage (généralement les yeux) et flou sur l’arrière plan. Si ce dernier est flou, l’œil des spectateurs ne va pas s’attarder dessus et va donc rester sur le visage de votre sujet. Pour ça, vous devez utiliser un petit téléobjectif et avoir votre diaphragme le plus ouvert possible. Vous allez me dire que si vous travaillez avec un diaph très ouvert vous allez avoir une perte de qualité. Oui, vous avez raison et si vous me répondez ça; c’est que vous intégrez des choses et mon article a réussi son coup ! Mais je vais vous répondre que la photographie est une histoire de compromis. Vous devez faire des choix en connaissance de cause, mais si vous avez peur de perdre trop de qualité, rien ne vous empêche de fermer le diaphragme d’un cran et votre profondeur de champ (je ferai prochainnement un article là-dessus) sera encore assez réduite pour que votre arrière-plan soit assez flou et mette en valeur le visage. 

Si je veux avoir du flou pour mettre en valeur un portrait ou un objet, je travaille à pleine ouverture ou quasiment.

À l’inverse si vous souhaitez avoir une grande étendue de netteté sur votre image, pour un paysage par exemple, vous devrez fermer le diaphragme. Mais pas trop car vous pouvez avoir de la diffraction. Je sais la photographie, c’est compliqué !  Il existe d’autres techniques pour avoir une étendue de netteté très grande mais en évitant la diffraction, mais j’en parlerai dans un prochian article.

A priori, si vous avez lu cet article jusqu’au bout, vous devriez y voir plus clair sur le fonctionnement du diaphragme. Mais c’est article est long et difficile. Il peut être judicieux de le relire à tête reposée et surtout pendant ou après des tests avec le boitier en main. Ainsi vous assimilierez les dofférentes notions. Prochainement, j’écrirai une synthèse de cet article pour vous permettre de fixer l’essentiel. Mais ce point viednra volontairement plus tard car je trouve important de comprendre le pourquoi du comment lorsqu’on s’intéresse à la technique. 

Cet article vous a plu ? N’hésitez pas à le partager sur vos réseaux sociaux. Des choses que vous n’avez pas comprises ? Pas de soucis, indiquez les zones de flou (sans faire de mauvais jeu de mot 🙂 🙂 ) dans les commentaires et j’y amènerai des réponses plus précises.